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Impact sur un territoire historique des outils d'urbanisme : le zonage dans la région d'Angkor
Ref.: 29
Key theme:
01 Physical integrity of historic urban landscapes
Date of reception:
15/11/2008
AUTHORS (*Main author)
GAULIS, Inès
* (France)
-
École nationale supérieure d'Architecture de Paris-Belleville
ABSTRACT
Le site d'Angkor détient, outres ses valeurs architecturale, artistique, patrimoniale, des caractéristiques exceptionnelles, à commencer par
ses dimensions physiques. Il s'agit des vestiges de plusieurs capitales successives, à la localisation distincte, construites entre le IXe et le
XVe siècle. Le site revêt donc une dimension territoriale remarquable, elle-même accentuée par les aménagements hydrauliques, vastes et
nombreux, qui ont accompagné le développement historique de ces villes successives. Cet ensemble occupe une vaste étendue des
Phnom Kulen au lac Tonlé Sap et constitue un paysage historique, façonné qu'il a été par les hommes depuis des siècles. En revanche,
c'est un site archéologique subsistent les principaux monuments, temples et palais, les ouvrages hydrauliques qui n'a plus à
proprement parler de fonctions urbaines, même s'il reste habité. Pour autant, ces vestiges archéologiques sont aujourd'hui confrontés à la
croissance soutenue de la ville voisine de Siem Reap, autrefois simple groupement de villages, qui a acquis un statut de ville provinciale
sous le protectorat, et qui actuellement achève sa transformation en station touristique au développement rapide. Ce développement
récent marque une rupture très nette par rapport au passé villageois et provincial de la ville mais aussi du point de vue de l'environnement
du site archéologique. Cette situation, prévisible, a entraîné une série d'actions dans les années 90, à la suite de l'inscription d'Angkor
sur la liste du patrimoine mondial, notamment la délimitation du site ainsi que des mesures de contrôle du développement de Siem Reap
qui se sont exprimées dans l'élaboration de différents projets : plan directeur, documents d'urbanisme réglementaire. Ces projets usent
tous des outils habituels de la planification urbaine et de la protection du patrimoine. Ce sont donc ces outils et particulièrement le
zonage que nous interrogerons ici, car il n'est pas sans poser un paradoxe du point de vue de la protection du patrimoine, et plus
particulièrement quand cette protection vise un vaste territoire comme celui d'Angkor. Le zonage entraîne en effet l'institution de limites
lesquelles, si elles se matérialisent, peuvent éventuellement interrompre une forme de continuum paysager et historique, celui de la région
d'Angkor avec ses fonctions agricoles le parcellaire agricole remonte parfois à la période angkorienne , ses forêts, ses vestiges
monumentaux, ses ouvrages hydrauliques et ses groupements villageois. Le zonage crée aussi un dedans et un dehors car son principe
veut qu'on l'accompagne d'une désignation des fonctions dévolues à l'intérieur de chaque zone, de restrictions d'usage, en un mot d'une
réglementation. Cette réglementation a un impact sur les constructions à venir ; elle peut impliquer des développements différents, distincts
ou même divergents à l'intérieur de chaque zone. Le principe du zonage peut donc avoir un impact sur l'évolution du paysage et doit être
considéré comme une intervention de l'homme, avec ses conséquences, au même titre que les constructions, créations architecturales qui
trouveront ou non (en cas de restriction de la construction) place à l'intérieur de chaque zone. Cette question sera principalement
traitée à travers l'analyse du plan d'urbanisme de référence, établi et présenté aux autorités cambodgiennes en 1995 par l'agence ARTE-
BCEOM, premier des schémas directeurs et master plan qui, depuis, se succèdent dans la région.
NOTAS: 1, Comme l'ont
démontré les travaux de Christophe Pottier, cf. C. POTTIER, Carte archéologique de la région d'Angkor Zone sud, thèse sous la direction
de Bruno Dagens, Université de Paris III Sorbonne nouvelle, 1999, 3 volumes.
REFERENCES
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