| Résumé: |
L’Observatoire photographique du paysage, mis en place depuis
1989, vise à constituer un fond de séries photographiques,
successions à l’identique de vues d’un même
lieu à différentes époques pour « analyser
les mécanismes de transformation des espaces ainsi que les
rôles des différents acteurs qui en sont la cause, de
façon à orienter favorablement l’évolution
du paysage ».
Le paysage, au sens de la Convention européenne du paysage,
n’est pas seulement un ensemble de réalités
matérielles qui constituent un lieu, c’est aussi la
manière dont nous percevons les relations qui unissent ces
réalités, les distinguent ou les contraignent. Ces
relations sont de nature territoriale, sociale et dynamique.
Ce pari de ne pas confier l’Observatoire photographique du
paysage, instrument scientifique et technique, à des experts
de l’aménagement, ingénieurs ou paysagistes,
mais à des artistes, photographes en l’occurrence,
s’est avéré une heureuse décision.
L’Observatoire photographique du paysage entend répondre
à un enjeu majeur du paysage, celui du cadre de vie. Face
à ces paysages, nous sommes trop souvent frappés de
cécité, sans doute pour les avoir tant vus, et d’amnésie,
sans doute pour les avoir tant pratiqués.
Pourtant, ces espaces du quotidien recèlent des paysages
empreints de beauté, émergeant d’une émotion
née de l’indéniable sympathie, de la connivence
même, avec « nos » paysages.
C’est là que réside la force des points de
vue de l’observatoire photographique : ils fournissent une
preuve tangible que ces lieux de vie, paysages de notre quotidien,
forcent notre attention et sont dignes de notre préoccupation.
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